Agriculture, Micro-projets
 

 

A – L’AGRICULTURE


 Dans les pays du Sahel, aider les enfants à aller à l’école, c’est aussi priver les jardiniers de deux petits ouvriers, qui d’habitude vont tirer l’eau du puits à tour de rôle, avec l’aide du chameau. Il faut donc aussi venir en aide aux agriculteurs de la région et nous travaillons sur divers projets.

Légende photos ci-dessous :
- système d'irrigation chez les Touaregs
- par manque d'outils, les enfants labourent à la main.

Pour l’heure, nous avons rencontré à maintes reprises les jardiniers et avons discuté avec eux pour mieux comprendre leurs problèmes et tenter de trouver des solutions adaptées. Des adhérents, spécialisés dans l'agriculture ou encore l'agronomie, ont pu également discuter avec ces jardiniers et nous ont fait part de leurs observations. Les problèmes majeurs que nous avons pu mettre en évidence sont :

. L’endettement permanent : depuis les sécheresses, une grande partie du bétail est mort ou vendu à petits prix. La plupart des jardiniers ne sont pas propriétaires des terres et ils ne possèdent aucun matériel : pioche, motopompe, carburant, engrais, semences… donc ils sont obligés d’accepter des compromis, qui finalement les appauvrissent encore plus : on leur prête la terre et le matériel, puis 50% de la récolte sert à rembourser le propriétaire, et sur les 50% qui vont au jardinier, le propriétaire retire les frais de pompe, essence, matériel, etc.. donc il ne reste plus rien.

=> FACE A CE PROBLEME, NOUS AVONS MIS EN PLACE UNE TONTINE QUI PERMET DE CREER DES MICRO-PROJETS

. Sur-production de pommes de terre et d’oignons : problème d’écoulement des marchandises, notamment depuis que la Côte d’Ivoire est bloquée.

. Les cultures potagères à simple utilisation du foyer sont insuffisantes. Ils misent tout sur les productions de rente, ce qui entraîne des problèmes de mal-nutritions voire de sous-nutritions.

=> FACE A CES PROBLEMES, NOUS AVONS FAIT DES CAMPAGNES D'INFORMATION ET SENSIBILISATION

. Les semences : les jardiniers rencontrent des difficultés financières et logistiques à se pourvoir en semences.

=> FACE A CE PROBLEME, NOUS DEMANDONS AUX PARRAINS ET MARRAINES DE L'ASSOCIATION DE PRIVILEGIER L'ENVOI DE SEMENCES A LEURS FILLEULS. Certains font même des collectes importantes auprès de leurs amis et connaissances (notamment les instituteurs et parents d'élèves de l'école maternelle de Cérans Foulletourte).

. L’eau : problèmes de gestion et d’utilisation de l’eau.

B – TONTINES / MICRO-PROJETS


En janvier 2006, nous avons mis en place une tontine, qui permet de mettre du matériel à disposition des jardiniers de Tabelot / Imin Nabaro. Pour bénéficier de ce matériel, ils doivent d’abord payer des frais de perception d’environ 10% du montant total, puis rembourser les échéances chaque année à la saison des oignons. Cette démarche leur permet d’acquérir du matériel dans des conditions favorables (chose quasi-impossible s’ils avaient dû l’acheter directement sur le marché, où il faut payer comptant). De plus, avec le soutien de Boubacar aux cours d’adultes, ils apprennent petit à petit à gérer leur budget et à faire des économies pour assurer le remboursement - remboursement qui sera réinvesti dans la tontine pour réalimenter le stock au fur et à mesure et élargir le nombre de bénéficiaires.

Cette tontine fonctionne bien sûr comme un prêt sans intérêt, à échéances étalonnées sur 2 saisons pour le matériel, 3 saisons pour les chameaux d’exhaure. Cette méthode nous a été suggérée par les jardiniers eux-mêmes, d’une part parce qu’ils veulent être propriétaires de leur matériel et que cela leur facilite la tâche, d’autre part parce qu’ils s’opposent à la notion d’assistanat (dans le cas où le matériel est prêté quasi-gratuitement),ce qui est tout à leur honneur.

Nous avons donc investi 3000 € dans cette tontine, qui concerne à ce jour 78 jardiniers. Le matériel va de la houe à la brouette, la hache, le chameau d'exhaure pour arroser le jardin, etc.

En mai 2006, de nouveau nous avons investit 2091 € dans la tontine. Ainsi, 59 jardiniers et bergères supplémentaires ont pu acquérir à leur tour le matériel de travail nécessaire.

Pour exemple, 7 chameaux d'exhaure ont été achetés, à raison de 230 € le chameau.

Désireux de voir ce projet se renouveler, certains jardiniers qui sont sorti à peu près indemnes de la catastrophe du mois d'août 2006 ont déjà commencé à verser le remboursement de la 1ère échéance. Les autres attendent la prochaine récolte pour le faire à leur tour. Avec ces premiers remboursements, nous allons pouvoir continuer d'élargir la liste des bénéficiaires de notre action.

   C – DES CHARRETTES POUR ENFUMER LES SOLS


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