Le centre d'alphabétisation pour adultes
 



LE CENTRE D'ALPHABETISATION POUR ADULTES


Depuis quelques années à Imin Nabaro, les adultes, majoritairement les hommes, ont pris conscience que leur développement passe par l’éducation, le savoir, et ils ont donc décidé en 2002 de mettre en place des cours. L'AIDNA a tout de suite soutenu cette initiative en rémunérant Boubacar OUMANO, l'instructeur, pour qu'il puisse leur administrer les cours, préparer et corriger les exercices, assurer le suivi et sensibiliser les auditeurs sur les divers thèmes de la vie courante mais aussi sur les activités liées au maraîchage.

Les cours ont lieu 5 jours par semaine :

   - de 18h30 à 20h30 pour les hommes (après les travaux des champs)
   - de 11h30 à 13h30 pour les femmes (entre le pâturage et les travaux ménagers)

Au départ, les cours se faisaient à l’aide d’une lampe torche, en plein air, et les moyens étaient très limités.

En novembre 2004, nous avons construit une grande classe en nattes, que nous devions rénover et agrandir chaque année. 

Au fur et à mesure de l’amélioration des conditions de travail, les inscriptions sont passées de 17 à plus de 70 élèves, dont 15 femmes

CONSTRUCTION DU CENTRE
En janvier 2008, nous avons construit une grande classe en banco avec porte et fenêtre. L'éclairage se fait par lampes solaires rechargeables, et chacun a reçu les fournitures nécessaires pour un bon apprentissage (cahiers, bics, ardoises, craies, manuels, cahier d'exercices...). Cet investissement a coûté 3500 euros.

Les cours se déroulent en deux phases distinctes :

Pour les hommes
   - apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul en Tamasheq, en lettres latines (pour faciliter le passage au français)
   - apprentissage du français.

Pour les femmes
   - apprentissage de l'alphabet Tifinagh
   - exercices ludiques, dialogue et communication, sensibilisations diverses

L'ATELIER D'APPRENTISSAGE DES TIFINAGH
Pour renforcer nos capacités,  il était devenu nécessaire de de recruter un second animateur chargé de l'enseignement de l'alphabet Tifinagh. Ainsi, depuis février 2008, Batéma Ouha a rejoind Boubacar Oumano dans notre centre d'alphabétisation pour adultes. Il est détaché tout spécialement pour la cellule des femmes, qui ont beaucoup de difficultés avec les lettres latines, et pour qui il sera plus intéssant d'apprendre leur propre écriture plutôt que d'apprendre l'écriture d'une culture étrangère. D'autant plus que c'est par les femmes que se transmet la culture. Donc en les sensibilisant sur leur patrimoine culturel et en leur donnant les atouts pour rester les actrices de la sauvegarde et de la transmission de cette culture, nous pourrons mieux les accompagner dans un développement adapté à leurs préoccupations quotidiennes.

Légende des photos ci-dessous (de gauche à droite) :
- Boubacar Oumano, l'instructeur des cours d'adultes
- Les auditeurs (jardiniers, à la base illétrés, qui viennent assister aux 2 heures de cours chaque soir après les travaux du jardin).
- Exercice de calcul et d'écriture au tableau.

       


Récapitulatif :

- Rémunération mensuelle de l’instructeur principal, Boubacar OUMANO

- Rémunération mensuelle de l’animateur pour l'enseignement des Tifinagh, Batéma OUHA

- Construction du Centre d'alphabétisation en banco

- Achat des fournitures : tapis de sol, matériel scolaire, manuels et cahiers d'elampes solaires et batteries.

- Financement des frais annexes aux formations pédagogiques (dispensées par le GREF) : frais de déplacement à Agadez, d'hébergement, de restauration + petit matériel.

  LES FEMMES D'IMIN NABARO


 Légende des photos ci-dessous :
- réunions avec les femmes, écoute et discussion pour mieux comprendre leurs problèmes et difficultés, afin de mieux les accompagner dans la réaliser des activités qu'elles souhaitent mener pour participer à la vie de leur village et foyer.

APPUI A LA COOPERATIVE ARTISANALE

En février 2008, pour répondre à leur demande, nous avons opté pour la mise en place une nouvelle structure d'appui en direction des femmes de la coopérative d'Imin Nabaro, pour la conception et la vente de produits artisanaux. La mise à disposition d'un fond de 300 € leur permet d'acheter les matières premières dont elles ont besoin pour fabriquer les panniers, cordes, sacs, sachets pour les dattes, et autres objets artisanaux qu'elles vont vendre ensuite sur le marché aux autres ménages et aux jardiniers qui en ont l'utilité.

 CAMPAGNES DE SENSIBILISATION ET D'INFORMATIONS


Cette campagne, commencée depuis notre tout premier voyage en 2000, se poursuit aujourd'hui grâce à des supports dactylographiés qui peuvent être améliorés et exploités autant que de besoin. Ainsi, depuis décembre 2005, nous réalisons des fiches d'information et de sensibilisation, qui servent beaucoup à l’enseignant des cours d’adultes pour informer la population sur les risques :

. du tabac,
 
 
. des piles usagées,
  
. des plastiques,

. des traitements phytosanitaires.

. l'utilisation de la pomme de terre : cette fiche leur donne des exemples de conservation des plants de pommes de terre, et met en avant les qualités nutritives de la pomme de terre. Nous essayons de sensibiliser les autochtones pour les inciter à réserver une partie de leur culture pour la consommation du foyer, et l'autre partie pour la vente, ceci afin de lutter contre la mal-nutrition et la sous-nutrition.

Ces informations sont diffusées largement, notamment par le biais des émissions de la Radio Locale et servent également de support durant les cours d'adultes. Le poste du Docteur et les K7 que nous leur avions achetées ont même permis de les enregistrer pour une diffusion plus large et continue. Ces fiches seront complétées et améliorées au fur et à mesure, et d'autres encore seront réalisées en fonction du besoin.

En octobre 2006, c'est à dire 10 mois après que nous ayions entrepris cette action, il a été constaté les améliorations suivantes :

- réduction importante du tabagisme (même chez de grands fumeurs).

- ramassage régulier des piles usagées dans des sacs, entassées dans un endroit éloigné des habitations.

- prise de précautions avec les engrais et pesticides (ne pas respirer le produit, se laver les mains après usage, éviter les sur-dosages, éloigner le produit de la portée des enfants et ménages...)

PREMIER PAS VERS LE SOLAIRE


Nous avons trouvé des lampes solaires à Agadez en déc. 2005 pour 3 500 Fcfa l'unité. Celles-ci servent à éclairer la salle des cours d’adultes. Elles font économiser des piles aux habitants et évitent ainsi de les trouver un peu partout dans le désert. Cela fait un danger en moins pour l’environnement et les enfants qui auraient tendance à jouer avec. En plus, elles sont faciles à transporter car de petites tailles, et faciles à recharger (sur les motos, 4X4, panneaux solaires), elles ont un bon éclairage et une autonomie d’1h15.

Au cours de la mission de la Présidente, Mme IDRISSA, en décembre 2005, les femmes ont compris l'intérêt d'apprendre à parler le français. En effet, elles étaient venues nombreuses pour la voir et discuter avec elle, mais les problèmes de communication ont été une barrière pour dialoguer. Il fallait toujours un homme pour assurer les traductions et elles n'ont pas osé s'exprimer comme elles le voulaient. Aussi, au cours des réunions précédentes avec la coopérative des femmes, nous avions mis en évidence leur dépendance d'un tiers quant à la gestion de leurs projets, notamment la banque céréalière qu'elles ont souhaité créer. S'apercevant de leurs lacunes, elles ont fini par voir l'alphabétisation comme un atout positif à mettre dans leur camp, et 15 d'entre elles sont parties s'inscrire tout de suite après notre départ. Aujourd'hui encore, elles participent aux cours chaque jour. Nous avons donc acheté des craies et ardoises, cahiers et crayons pour ces nouvelles recrues. Il nous faudra prévoir prochainement l'achat d'un nouveau tableau (celui-ci étant trop épuisé, l'ardoisine ne fait plus effet).